Sélection AS / AP : de soignant·e à infirmier·e
De soignant·e à infirmier·e : une reconversion qui a du sens
Aide-soignant·e (titulaire du diplôme d'État d'aide-soignant, le DEAS) ou auxiliaire de puériculture (titulaire du DEAP), vous connaissez déjà le terrain : le soin au quotidien, la relation avec les patients et les familles, le travail en équipe, les protocoles d'hygiène et de sécurité. Devenir infirmier·e n'est pas un changement de métier radical, c'est le prolongement naturel de ce que vous faites déjà. Votre expérience est un atout décisif, à la fois pour réussir la sélection d'entrée en institut de formation en soins infirmiers (IFSI) et pour suivre la formation ensuite.
La réglementation reconnaît cette légitimité de terrain. Depuis 2020, les aides-soignant·es et les auxiliaires de puériculture n'ont plus de concours spécifique : ils accèdent à l'IFSI par la voie de la formation professionnelle continue (FPC), une voie de sélection distincte de la formation initiale, pensée pour les adultes déjà engagés dans la vie active.
Les conditions d'accès par la voie FPC
La voie FPC s'adresse aux personnes qui justifient d'une expérience professionnelle. La condition centrale, fixée par les textes en vigueur, est de justifier d'une durée minimale de trois ans de cotisation à un régime de protection sociale à la date d'inscription aux épreuves. Cette durée correspond en pratique à trois années d'activité, que votre parcours de soignant·e permet le plus souvent de remplir sans difficulté.
Concrètement :
- vous vous inscrivez directement auprès de l'IFSI (ou du groupement d'instituts) que vous visez, et non via une plateforme nationale ;
- la sélection est organisée localement par chaque institut, selon son propre calendrier, le plus souvent en début d'année civile pour une entrée à la rentrée de septembre ;
- une part des places de chaque promotion est réservée à la voie FPC.
Comme les dates, les pièces à fournir et le nombre de places varient d'un institut à l'autre, vérifiez toujours les modalités exactes dans la notice de sélection publiée par l'IFSI que vous visez.
La nouveauté 2026 : l'entrée directe en 2e année pour les aides-soignant·es expérimenté·es
La formation infirmière connaît une réforme importante. Avec le décret n° 2026-130 et l'arrêté du 20 février 2026, le diplôme d'État d'infirmier s'inscrit dans un mouvement d'universitarisation et confère le grade de licence. Ces textes s'appliquent aux étudiant·es entrant en formation à compter de septembre 2026 ; les promotions déjà engagées restent régies par le cadre antérieur. Ces modalités étant récentes et susceptibles d'être précisées, il est prudent de les confirmer auprès de votre IFSI.
La nouveauté la plus marquante concerne les aides-soignant·es : un·e titulaire du DEAS qui justifie d'une expérience professionnelle suffisante, de l'ordre de trois ans sur les cinq dernières années à la date de la sélection, peut désormais viser une entrée directe en 2e année. Cette voie suppose une sélection par la FPC, un avis favorable de la commission d'admission, puis la validation d'un parcours spécifique d'adaptation d'environ trois mois (de l'ordre de 420 heures, alliant apports théoriques et stage). Sa validation dispense de la première année et ouvre l'accès à la deuxième.
Point de vigilance : dans les textes consultés, ce dispositif d'entrée en 2e année vise expressément les titulaires du DEAS. Pour les auxiliaires de puériculture, la voie FPC de droit commun (entrée en 1re année) reste la référence, complétée le cas échéant par des dispenses examinées par la commission d'admission. Là encore, l'IFSI est votre meilleur interlocuteur pour savoir précisément ce qui s'applique à votre situation.
Les épreuves de sélection
Lorsque la sélection s'applique, c'est-à-dire pour l'entrée en 1re année par la voie FPC, sa structure est stable et repose sur deux épreuves complémentaires :
- une épreuve écrite d'une heure, notée sur 20 points, comprenant une partie de rédaction ou de réponses à des questions dans le champ sanitaire et médico-social (qualités d'analyse et d'expression) et une partie de calculs simples (quatre opérations, conversions d'unités, problèmes de proportionnalité) ;
- un entretien d'environ vingt minutes, noté sur 20 points, portant sur votre expérience et votre projet professionnel, à partir d'un dossier que vous constituez (pièce d'identité, diplômes, attestations d'employeur, projet de formation).
Selon les textes en vigueur, une note inférieure à 8 sur 20 à l'une des deux épreuves est éliminatoire, et l'admission suppose un total au moins égal à 20 sur 40, dans la limite des places offertes (liste principale et liste complémentaire). Le détail du barème peut être précisé par chaque institut : reportez-vous à sa notice pour la version qui s'applique à vous.
Valoriser votre parcours de soignant·e
Votre force, c'est l'expérience. Voici comment la mettre en valeur, à l'écrit comme à l'oral :
- Reliez vos situations de terrain aux missions infirmières : montrez ce que vous avez observé du raisonnement clinique, de la démarche de soin et de la coordination, au-delà de vos propres actes.
- Structurez votre projet professionnel : expliquez pourquoi ce passage vers le métier d'infirmier·e est cohérent avec votre parcours, et ce que vous comptez y apporter.
- Entraînez-vous aux calculs : conversions d'unités et proportionnalité sont la base des calculs de doses, un point souvent discriminant de l'écrit.
- Travaillez l'expression écrite : une analyse claire et argumentée d'une question de santé publique fait la différence sur la copie.
- Préparez l'entretien : appuyez-vous sur des exemples concrets vécus, dans le respect du secret professionnel, pour démontrer votre maturité et votre motivation.
Aide-soignant·e ou auxiliaire de puériculture, vous partez avec une longueur d'avance. Une préparation méthodique aux épreuves, associée à une bonne connaissance des voies d'accès et à un échange direct avec l'IFSI visé, transformera votre expérience de soignant·e en réussite.